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17 juin 2008

Fan de l'Inde, passe ton chemin...

Cela fait un mois que je remets à plus tard la rédaction de ce billet. Rien d'inhabituel, me direz-vous, et vous n'auriez pas tort... sauf que cette fois-ci, j'ai une excuse valable : pour la première fois depuis le début de mon voyage, je suis victime du syndrome de la page blanche. Non pas que je n'aie rien à dire, bien au contraire. Comment décrire fidèlement ce que ressens, là est la question.

Je ne parviens pas à m'imprégner de la culture indienne. Faut-il chercher une explication du côté du formatage social auquel j'ai été soumis depuis mon plus jeune âge, qui entre en collision frontale avec le mode de vie indien ? Certainement... toujours est-il que je fais trop de blocages pour pouvoir vivre l'Inde pleinement.

Je ne me ferai jamais aux odeurs pestilentielles qui s'engouffrent dans mes narines quand que je sors de ma chambre d'hôtel, aux bruit assourdissant des klaxons des motos, vélos, rickshaws ou voitures qui me frôlent dans la rue lancés à toute vitesse, aux bouses de vaches sur lesquelles je manque de glisser régulièrement, à cette foule plus collante que le riz chinois, à cet Indien dans le train qui prend mon carnet de notes et commence à le feuilleter sans m'en demander la permission ; à celui-ci qui est assit devant moi dans le bus et qui se retourne pour me fixer droit dans les yeux pendant 10 bonnes minutes sans rien dire, à celui-là qui jette par la fenêtre du train la bouteille d'eau qu'il vient de terminer (certes, les poubelles sont quasiment inexistantes, mais même quand il y en a, personne ne les utilise !), à cet autre qui a l'honneur d'être le quarantième de la journée à m'arrêter dans la rue pour me poser les sempiternelles questions : "where are you from?", "what's your name?", "are you married?". Je ne me ferai pas non plus à cette fatigue permanente due à la mal-bouffe et à la chaleur (entre 40 et 47 degrés tous les jours), aux vendeurs en tout genre qui me poursuivent dans la rue en pensant que 100 roupies ne valent rien pour moi puisque je suis occidental... Peut-être que l'Inde en backpacking, ça n'est tout simplement pas pour moi.

Et pourtant... j'ai déjà passé plus de temps en Inde que dans n'importe quel autre pays de ce tour du monde. D'abord parce que c'est un grand pays et que je dois le traverser pour me rendre au Népal. Et puis, qui dit grand territoire dit diversité. Il me reste beaucoup à voir. Ensuite, parce qu'il y a toujours un lieu qui m'interpelle, une rencontre qui me touche, qui me pousse à gratter un peu plus et à faire sauter ces barrières. Enfin, parce que c'est dans ces moments difficiles que je peux réellement apprendre sur moi et progresser. L'Inde est le terrain de jeu idéal s'exercer à prendre du recul car on n'a pas le choix !

Aux fans de l'Inde qui ont lu cette note jusqu'au bout : toutes mes félicitations, c'est un exploit !!! Je sais que le tableau que je viens de brosser est assez noir, mais je me suis attaché à décrire ce qui m'a le plus marqué. Cela ne m'empêche pas de comprendre la fascination que ce pays peut exercer sur certains. J'ai d'ailleurs bien aimé les temples d'Hampi, le fort d'Orchha, les palais du Rajasthan ou encore cette atmosphère indescriptible qui règne dans les rues de Benares et aux abords du Gange. J'ai été très agréablement surpris lorsque que ce chauffeur de bus, voyant qu'il se mettait à pleuvoir fortement, profita d'un arrêt pour descendre mon sac qui prenait l'eau sur le toit afin de le mettre à l'abri. J'ai été très touché lorsque cette Indienne nous invita à boire le thé en famille dans sa modeste maison à Benares ou par la sincérité dans le regard de ce fermier d'Orchha qui me salua alors que je me promenais sur un petit chemin de terre, loin des tumultes de la ville.

L'aventure est loin d'être terminée. Il me reste à découvrir tout le Nord du pays. Je suis persuadé que la nature, les montagnes, les temples bouddhistes, l'air pur et le calme me donneront un autre son de cloche et me requinqueront. Insha'Allah !

16:55 Publié dans Inde | Lien permanent | Commentaires (13)