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14 octobre 2008

Un petit mois au Viêt-Nam

On m'avait prévenu au Cambodge : "tu sais, les Vietnamiens ne sont pas très accueillants. Prépare-toi !" J'ai donc franchi la frontière tel un gladiateur pénétrant dans l'arène, prêt à en découdre.

Après six heures de car depuis Phnom Penh, me voici donc à Ho Chi Minh City. Je réalise aussitôt que mes craintes étaient infondées : la plupart des personnes que je croise dans la rue sont aimables et souriantes. La première chose qui me frappe, à part ma chambre d'hôtel (cf. vidéo ci-dessous), ce sont ces milliers de deux roues surchargés qui se faufilent entre les voitures, circulant en petits groupes comme des essaims d'abeilles partant à la recherche de pollen. Essayez d'imaginer ce que représentent  quatre millions de scooter dans une ville comptant huit millions d'habitants !

Après l'impressionnant marché flottant de Cantho, le plus grand du delta du Mékong, j'effectuai le circuit touristique classique du sud au nord en passant par Nha Trang, le vieux quartier d'Hoi An, les tombes et la citadelle impériale de Hué puis la baie d'Ha Long et ses fabuleuses grottes (dont on ne parle que trop rarement). Je n'ai pas fait grand chose à Hanoi, si ce n'est quelques musées, le spectacle de marionnettes sur l'eau (que je recommande vivement) et la course aux visas qui m'a pris un certain temps. L'ambassade de Birmanie a fini par m'accorder mon "laissez-passer" alors qu'il m'avait été refusé à Phnom Penh. L'ambassade de Chine, quant à elle, a agit fidèlement à la politique de la République Populaire, c'est à dire sans considération pour les citoyens, d'où qu'ils viennent : après deux heures et demie de queue, le service de sécurité nous a fermé la porte aux nez sans aucune explication. J'ai dû faire appel à une agence pour obtenir le précieux sésame... et me voici en Chine depuis le 11 octobre, après m'être fait confisqué mon Lonely Planet à la frontière sous prétexte que Taïwan n'est pas de la même couleur que la Chine sur les cartes ! Je commence à vivre la censure de très près...

Au fait, ne vous étonnez pas si je ne mets pas mon blog à jour ces prochaines semaines car les accès internet ne seront pas nombreux... et quand ils existent, certains sites sont bloqués (comme mon blog par exemple).

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Marché flottant de Cantho

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Marché flottant de Cantho

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La tombe royale de Khai Dinh

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La baie d'Ha Long

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L'une des grottes de la baie


10:06 Publié dans Viêt Nam | Lien permanent | Commentaires (4)

07 octobre 2008

Balade dominicale à Phnom Penh

Après avoir effectué un véritable parcours du combattant pour obtenir mes visas, je décide d'aller faire un tour le long tu Mékong pour me changer les idées. Au détour d'une rue, j'assiste à une partie de pétanque à la cambodgienne ; plus loin, les sportifs du dimanche testent leur habileté au jeu de volant asiatique appelé "jianzi" en Chine.



04 octobre 2008

S-21

C'est le nom de code donné par les Khmers rouges à une école de Phnom Penh transformée en prison en 1975 pour interroger et torturer plus de 15 000 Cambodgiens avant de les envoyer se faire exterminer aux "Killing fields", à une quinzaine de kilomètres de la capitale. Lorsque l'on erre dans les couloirs, de cellule en cellule, on imagine sans peine l'horreur des exactions commises entre ces murs pendant quatre ans sous le régime de Pol Pot.

Le 17 avril 1975, les Khmers rouges sont entrés à Phnom Penh pour évacuer la population en prétextant un bombardement imminent des Américains. Les habitants ont vite compris de quoi il en retournait réellement lorsque les exécutions sommaires ont commencées. Aux yeux de Saloth Sar (vrai nom de Pol Pot), le Cambodge était en perdition et il fallait repartir de zéro. Intellectuels, artistes, enseignants, médecins sont exécutés ou envoyés à S-21, ce qui revient au même. Son idée est de créer des coopératives dans lesquelles on produira exclusivement du riz. Il faudra récolter pas moins de trois tonnes par habitants et par an, soit deux fois plus qu'en temps normal. L'éducation ? Aucune utilité. Il est plus important d'apprendre à planter du riz ou à construire une route qu'à perdre son temps le nez dans des livres. Et comme le mal est enraciné au plus profond des adultes, il faut utiliser des enfants, les enrôler dès le plus jeune âge pour mieux les contrôler. C'est ainsi que des gamins de 15 ans se trouveront gardiens de leurs "parents" à S-21.

La révolution de Pol Pot a échoué pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'il était impossible de produire trois tonnes de riz par personne et par an. La faim s'est installée progressivement dans le ventre des Cambodgiens. Ensuite, parce que Pol Pot étant schizophrène, un grand nombre de cadres de l'Angkar (l'organisation révolutionnaire) ont été exécutés sous ses ordres. Même s'il est communément admis que le régime de Saloth Sar a pris fin en 1979 à l'arrivée des troupes vietnamiennes, les Khmers rouges ont continué à sévir encore de longues années après et le spectre des Khmers rouges continue de planer. Pol Pot est mort en 1998 avant d'avoir pu être jugé. En 2006, le tribunal spécial du génocide cambodgien était crée. Certains dirigeants Khmers rouges ont été jugés et envoyés en prison en 2007. D'autres sont encore à comparaître.

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Vue de l'extérieur

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Une cellule privative

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Portraits de déportés

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S-21, un lieu de recueillement

09:05 Publié dans Cambodge | Lien permanent | Commentaires (1)