13 janvier 2009
Permiers pas au Myanmar
Je passe la tête par la fenêtre. L'air chaud caresse mon visage. Le paysage défile lentement sous mes yeux. Des enfants jouent le long de la voie ferrée. Plus loin, des femmes déposent leurs corbeilles sur le bord de la route et discutent des choses de la vie en attendant l'arrivée du bus. Leur maquillage rustique élaboré à partir d'écorce d'arbre réduite en poudre les protège du soleil et embellit les traits de leurs visages. A l'ombre d'un arbre, des hommes vêtus d'un simple pagne se reposent en fumant. Un moine se désaltère à un point d'eau, tenant son urne d'une main, buvant de l'autre. Il a fait l'aumône sur des kilomètres afin de ne pas oublier sa condition de simple être humain. Les rayons dorés du soleil rebondissent fermement sur les parois ventrues des stûpas qui jalonnent la route. Suis-je en Inde ? Les Birmans leur ressemblent... ou plutôt en Indonésie ? Cette tranquillité est semblable à celle des îles.
J'aime ces moments où un pays se dévoile dans toute son authenticité. Ce n'est plus moi qui m'enfonce dans les ruelles étriquées d'un vieux quartier afin d'en tâter le pouls, à la manière du sang remontant dans les veines jusqu'au coeur : cette fois-ci, je n'ai qu'à rester assis dans le train les yeux grands ouverts. La chance du voyageur et le cours de la vie feront le reste !
J'en viendrais presque à oublier que ce voyage au Myanmar a failli être annulé à plusieurs reprises pour des raisons de calendrier et de coût. Il faut dire que seule une petite quinzaine d'occidentaux franchit la frontière sino-birmane en ce point chaque mois, après que chacun a été délésté de 150 euros pour l'obtention du permis et le paiement de "l'escorte obligatoire" d'un taxi et d'un guide jusqu'à la première ville digne de ce nom.
17:57 Publié dans Myanmar | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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