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04 octobre 2008

S-21

C'est le nom de code donné par les Khmers rouges à une école de Phnom Penh transformée en prison en 1975 pour interroger et torturer plus de 15 000 Cambodgiens avant de les envoyer se faire exterminer aux "Killing fields", à une quinzaine de kilomètres de la capitale. Lorsque l'on erre dans les couloirs, de cellule en cellule, on imagine sans peine l'horreur des exactions commises entre ces murs pendant quatre ans sous le régime de Pol Pot.

Le 17 avril 1975, les Khmers rouges sont entrés à Phnom Penh pour évacuer la population en prétextant un bombardement imminent des Américains. Les habitants ont vite compris de quoi il en retournait réellement lorsque les exécutions sommaires ont commencées. Aux yeux de Saloth Sar (vrai nom de Pol Pot), le Cambodge était en perdition et il fallait repartir de zéro. Intellectuels, artistes, enseignants, médecins sont exécutés ou envoyés à S-21, ce qui revient au même. Son idée est de créer des coopératives dans lesquelles on produira exclusivement du riz. Il faudra récolter pas moins de trois tonnes par habitants et par an, soit deux fois plus qu'en temps normal. L'éducation ? Aucune utilité. Il est plus important d'apprendre à planter du riz ou à construire une route qu'à perdre son temps le nez dans des livres. Et comme le mal est enraciné au plus profond des adultes, il faut utiliser des enfants, les enrôler dès le plus jeune âge pour mieux les contrôler. C'est ainsi que des gamins de 15 ans se trouveront gardiens de leurs "parents" à S-21.

La révolution de Pol Pot a échoué pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'il était impossible de produire trois tonnes de riz par personne et par an. La faim s'est installée progressivement dans le ventre des Cambodgiens. Ensuite, parce que Pol Pot étant schizophrène, un grand nombre de cadres de l'Angkar (l'organisation révolutionnaire) ont été exécutés sous ses ordres. Même s'il est communément admis que le régime de Saloth Sar a pris fin en 1979 à l'arrivée des troupes vietnamiennes, les Khmers rouges ont continué à sévir encore de longues années après et le spectre des Khmers rouges continue de planer. Pol Pot est mort en 1998 avant d'avoir pu être jugé. En 2006, le tribunal spécial du génocide cambodgien était crée. Certains dirigeants Khmers rouges ont été jugés et envoyés en prison en 2007. D'autres sont encore à comparaître.

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Vue de l'extérieur

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Une cellule privative

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Portraits de déportés

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S-21, un lieu de recueillement

09:05 Publié dans Cambodge | Lien permanent | Commentaires (1)

25 septembre 2008

Il y a un an tout juste...

... je quittais la France. 365 jours, c'est long quand je pense à ma famille, mes amis, à la bonne bouffe. La douce mélodie des flûtes de pan péruviennes me semble si lointaine ! Le souvenir des personnes que j'ai rencontrées s'estompe peu à peu, anéanti par l'implacable netteté du présent, remplacé par la fraîcheur des nouveaux visages... Et en même temps, c'est court. Le temps passe à une vitesse sidérante. Je m'y perds souvent dans le jour de la semaine, la date, voire dans le mois. Aucune journée n'est semblable à la précédente. Même les jours où je ne fais rien, je le fais différemment !

En général, au bout d'un an, on fait le bilan. Je me suis posé à une petite table sur la terrasse de ma chambre pour faire le point. D'abord quelques chiffres :

- plus de 100 000 km parcourus dont 70 000 km en avion, le reste en bus, train, bateau, voiture, à moto, en quad, à vélo ou encore à dos d'éléphant (oui, ça compte... même sur 150 mètres !). Mine de rien, j'ai quasiment fait l'équivalent du tour de la terre par l'équateur en transports terrestres et maritimes,

- 15 fuseaux horaires franchis,

- plus de 15 000 photos et vidéos prises, soit environ 80 GB de données,

- 83 notes publiées et 197 commentaires déposés sur mon blog.

 

Dans un autre registre, ce tour du monde est aussi celui des conditions extrêmes...

- altitude la plus haute : 6 213 mètres (Stok Kongri, Inde) ; la plus basse : -24 mètres (plongée sur une épave à Bali),

- température la plus haute : +47°C (Kajuraho, Inde) ; la plus basse : environ -15°C (Stok Kongri, Inde)

- latitude la plus septentrionale : Paris (48° 51′ 24″ Nord) ; la plus australe : Punta Arenas (53° 10' S),

- le voyage le plus long : plus de 30 heures dans un même car pour remonter toute la Patagonie argentine,

- le pays où j'ai le plus mangé : Argentine, leur viande est trop bonne ! Celui ou j'ai le moins mangé : vous vous en doutiez... l'Inde !

- le "mets" le plus insolite que j'ai mangé : des fourmis (Cuyabeno, jungle équatorienne frontalière avec la Colombie),

- le plus grand nombre de jours sans prendre de douche : 5 (trek Torres del Paine, Chili).

 

... et celui des émotions fortes :

- mon plus gros coup de blues : Bijapur. Je suis resté 3 jours entiers enfermé dans ma chambre d'hôtel,

- ma plus grande satisfaction : l'ascension du Stok Kongri, Inde,

- mon plus grand regret : ne pas être allé au monastère de Kopan à Kathmandu,

- mon plus grand fou-rire : avec Gauthier dans le van en Australie,

- mon plus grand sentiment de liberté : roadtrip en Australie,

- le plus beau couché de soleil : Hampi, sur les temples, en Inde,

- les plus beaux cieux : Australie.

 

Et le voyage n'est pas terminé !

06:21 Publié dans Autres | Lien permanent | Commentaires (9)

22 septembre 2008

La magie des temples d'Angkor

Est-il besoin de vous décrire l'excitation qui était la mienne à l'approche des temples d'Angkor, l'un des temps forts de mon voyage ? Malgré cette envie irréfrénable de partir sans attendre à la découverte des ruines, je prends le temps de préparer mon itinéraire, car on peut se perdre facilement dans ce dédale comptant plus de quarante temples. Je décide de prendre un ticket de trois jours. François, avec qui j'ai sympathisé à l'auberge, m'indique qu'il a trouvé un conducteur de Rickshaw offrant des prix attractifs. Il me propose de partager les frais, ce que j'accepte immédiatement. Les détails logistiques étant réglés, je peux aller me coucher et rêver tranquillement de la journée qui m'attend. Demain à l'aube, j'attacherai mon fouet à la ceinture et coifferai mon chapeau avant de m'élancer tel un aventurier à la découverte des temples d'Angkor !

Angkor Wat, celui le plus souvent représenté sur les cartes postales, n'est pas le plus beau à mon sens. Ta Prohm est celui qui m'a le plus marqué : envahit par la jungle, il lutte jour après jour contre les racines qui déchaussent ses pierres et la mousse qui recouvre ses murs... et il s'en sort plutôt bien pour une ruine de dix siècles ! Je vous laisse le constater par vous mêmes en images (au fait, vous pouvez désormais cliquer sur les photos pour les agrandir !).


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Ta Prohm

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Preah Khan

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Ta Prohm

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Bayon

11:44 Publié dans Cambodge | Lien permanent | Commentaires (4)

20 septembre 2008

Farniente sur l'île de Suiquijor

Au beau milieu de l'archipel des Philippines, Siquijor est située non loin de l'île de Mactan où Magellan trouva bêtement la mort en 1521 avant d'avoir pu réaliser son rêve d'atteindre les Moluques (Indonésie) en navigant par l'ouest depuis l'Europe. Nous avons choisi cette petite île car elle est relativement facile d'accès et aussi parce qu'elle se trouve dans une zone épargnée par les cyclones, nombreux dans l'archipel à cette période de l'année.

Gauthier, que nous avons rejoint à Kuala Lumpur, Christophe et moi-même avons loué un petit bungalow en bord mer, les pieds dans le sable. Nous avons passé une semaine reposante, rythmée par des balades en scooter à la découverte de l'île, la visite d'une grotte, du snorkeling dans des eaux cristallines, quelques fêtes locales (nombreuses dans l'archipel) et des opérations coup de poing sur la bonne bouffe.

J'ignore si c'est l'air marin ou le climat de cette région du monde qui fait que la population sourit continuellement. En tout cas, ça fait plaisir à voir. Je serais bien resté quelques jours de plus dans ce véritable petit coin de paradis...

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Le hamac de notre bungalow



15 septembre 2008

Trois semaines en Indonésie

Plus de 17 000 îles sur 2 millions de kilomètres carrés, 33 provinces, environ 235 millions d'habitants, faisant de ce pays le quatrième le plus peuplé du monde. Plus de 700 langues et dialectes. Christophe et moi sommes d'accord : prétendre découvrir toute l'Indonésie en trois semaines ne serait pas raisonnable. Il faut choisir entre l'ouest, l'est ou le centre. Nous optons finalement pour Bali, idéalement située entre les dragons de Komodo et Yogyakarta. Ensuite ? Nous aviserons !

Récit de notre périple :

- Bali : premier contact avec les Indonésiens à qui l'on agrafe probablement les zygomatiques depuis leur plus jeune âge tellement ils sont souriants. Un resto romantique en bord de mer (hem... ) ; un marché ; des ballades en scooter ; des rizières à perte de vue ; des temples ; des plongées... la belle vie !

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Un paysan

- Lombok : ascension du Volcan Gunung Rinjiani. Départ à minuit pour une opération coup de poing "lever du soleil" on the top. Ascension au pas de course en quatre heures et demies. Petit feu de camp en attendant l'apparition d'Hélios.

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Le Gunung Rinjiani

- Rinca : les dragons de Komodo. Quelle expérience ! Grâce à Christophe qui n'a écouté que son courage en allant repêcher un requin mort qui gisait les ailerons coupés par 1,50 de fond dans le port, je peux vous livrer en exclusivité sur internet cette vidéo de dragons dévorant un requin.

 

 

- Le Gunung Bromo sur Java : avant de m'y rendre, j'avais une image réductrice de l'Indonésie. Pour moi, ce chapelet d'îles était surtout connu pour ses plages paradisiaques, ses superbes sites de plongée et ses fameux dragons. Je ne m'attendais donc à rien de spécial. Et c'est tant mieux, car la claque n'en a été que plus forte ! Ce site est l'un des plus époustouflants qu'il m'ait été donné de voir pendant ce tour du monde. Je vous laisse découvrir les photos ci-dessous et dans le diaporama.

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Gunung Bromo

- Yogyakarta, la ville culturelle de Java. Spectacle de marionnettes et danses traditionnelles au palais royal. Le site de Borodbur.

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L'un des bouddhas de Borodbur

 


- Jakarta : des centres commerciaux luxueux et de la fumée émanant des boui-boui et barbecues de fortune sur les trottoirs.

Trois semaines bien remplies qui méritaient un peu de répit... aux Philippines !

13 septembre 2008

Un métro peut en cacher un autre... à Singapour

Dans la rame de métro dont la modernité ferait pâlir Dominique Bussereau, un petit panneau stipule qu'il est interdit de manger. Dans les couloirs souterrains, une autre affiche : "Si vous remarquez quelqu'un au comportement suspicieux, avertissez-nous". Personne ne semble y prêter attention. Cela fait à peine une demi-heure que j'ai débarqué de l'avion et le ton est déjà donné.

Dans les transports publics français, il est vrai qu'on a aussi droit au "Attentifs, ensembles". Et puis, le métro parisien serait plus propre s'il était interdit d'y manger, non ? Mais le gouvernement de Singapour va plus loin. Je vous invite à lire cet article sur la loi interdisant l'importation et la vente de chewing gum en vigueur depuis 1992 notamment en raison d'actes de vandalisme dans le métro. Encore plus fort : il est interdit d'y transporter des durians (fruit local) car ils sentent trop mauvais !

Cela fait moins sourire quand on en vient à des sujets plus graves comme la liberté d'expression ou la peine de mort utilisée à tour de bras. Selon Amnesty International, avec 4,4 millions d'habitants, Singapour a le taux d'exécution par habitant le plus élevé au monde avec environ 420 détenus pendus entre 1991 et 2004. Jetez plutôt un oeil au chapitre "informations générales" de cet article en date de janvier 2007. Pas surprenant si 95% de la population y est favorable...

Dommage, car j'ai été séduit par la qualité des infrastructures et la sécurité manifeste dans les rues. On peut dire que le métro de Singapour en dit long sur le pays, à l'instar du train en Inde !

09:11 Publié dans Singapour | Lien permanent | Commentaires (1)