Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09 mai 2008

Rencontre avec le plus grand poisson des océans

Un avion survole notre bateau à basse altitude. Il sera nos yeux durant toute l'expédition. Il est 9 heures du matin à Coral Bay, sur le littoral ouest australien. Nous nous éloignons progressivement de la côte qui disparaît peu à peu, semblant avalée par les vagues. Nous ne savons pas encore où sont les requins. Tout est calme. Une voix se fait soudain entendre à la radio du bateau : le pilote de l'avion vient de repérer un requin baleine.

Lancée à vive allure, notre petite embarcation se dirige à présent vers le requin en obéissant au doigt et l'oeil aux manoeuvres maintes fois effectuées par le skipper, un vieux loup de mer australien. La technique consiste à doubler le requin pour que les plongeurs puissent se mettre à l'eau sur sa trajectoire. Tout va très vite. A l'arrière, chacun se cramponne comme il peut au bastingage pour revêtir sa combinaison. Nous arrivons bientôt sur le lieu de notre première plongée. Le skipper réduit la vitesse, hurle ce que j'ai interprété comme un "stand by !". Notre plongeur-guide ouvre la petite porte en proue ; nous nous alignons et ajustons nos masques. L'excitation se mêle à l'inquiétude dans le regard de mes voisins. Je tache de me remémorer les consignes qui nous ont été données. "JUMP !! JUMP !! JUMP !!!!". Je me mets à l'eau sans faire de bruit. J'observe... J'écoute... L'espace d'un instant, je pense que le requin a modifié sa trajectoire pour nous éviter quand je discerne une tâche sombre en face de moi, à une dizaine de mètres. Rapidement la tâche se transforme en immense gueule se dirigeant en plein sur moi. Mon coeur s'emballe. Les idées se bousculent dans ma tête. "Du calme mon poulot ! Tu sais bien que ces requins ne mangent que du plancton ! C'est d'ailleurs pour cette raison qu'ils ont une grande bouche !". "Oui mais justement, elle est grande sa bouche là ! Et s'il ne me voit pas avec ses tout petits yeux sur les côtés, comment je fais moi !?!". La fraîcheur de  l'eau de mer aidant probablement mon cerveau à refroidir, mes synapses se désengorgent et l'ordre de se mettre en mouvement est finalement transmis à mes jambes. J'évite le requin qui bientôt me dépasse (ok, il m'aurait évité... so what ?... c'est mon blog, non ?). Je nage sur son flanc une bonne minute avant que la vue d'autres plongeurs me rappelle que je ne suis pas seul : on dirait des fourmis, comparées aux 11 mètres de ce specimen. A chaque coup de queue nous donnons vingt coups de palme... Ses mouvements sont si lents que j'ai l'impression de visionner un film au ralenti. On en oublierait presque ses 10 tonnes. Comment un si gros poisson peut-il nager avec autant de grâce ?

Intrigué, le requin accepte de se laisser escorter par ces bizarres créatures à la nage désordonnée et hésitante.Les battements de mon coeur reviennent à la normale. Je me sens bien... Je commence à observer la bête : j'aperçois quelques poissons pilote collés sous son ventre, un gros poisson jaune à la "place du mort", imperturbable, scotché sur l'aileron droit ; un autre qui s'affère autour de l'oeil... une véritable communauté de lilliputiens vivant autour de ce géant des mers. 

Au bout d'une dizaine de minutes, le guide m'extirpe de mon rêve : nous devons remonter sur le bateau. Ma tristesse n'est que de courte durée car j'apprends en ôtant mes palmes que nous allons voir un autre requin repéré pas loin de là. 

C'est un grand privilège de pouvoir faire un bout de chemin avec le requin baleine, dans son élément. J'espère ne jamais oublier cette rencontre du troisième type.

1233080019.JPG
Photo prise avec un jetable, snif...

11:47 Publié dans Australie | Lien permanent | Commentaires (6)