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15 juillet 2008

6 123 mètres !

Ça n'aura pas été une partie de plaisir, mais je l'ai fait ! Mon rêve de gravir un sommet enneigé remonte au début du tour du monde alors que je franchissai le col le plus haut du trek de Santa Cruz (Pérou) à de 4 800 mètres. Je m'étais promis de monter au sommet d'une des mythiques montagnes de la chaîne himalayenne, plus haut que notre bon vieux Mont-Blanc. Les conditions météo étant trop mauvaises au Népal en raison de la mousson, je me suis rabattu sur le Stok Kongri au Ladakh.

L'ascension n'aura duré que deux jours, ce qui est dérisoire comparé aux semaines nécessaires à l'escalade d'un sommet équivalent au Népal, les accès routiers étant quasi inexistants. Deux jours donc, soit un jour de moins que pour la plupart des grimpeurs amateurs (ça, c'est pour mon ego !). Mais à quel prix ? Si j'ai avalé en quatre heures au lieu huit les 1,5 km de dénivelé entre le village de Stok et le camp de base à 5 000 mètres, la deuxième journée s'est avérée beaucoup plus éprouvante.

Il était initialement prévu de partir à la lampe frontale aux alentours de 3h du matin, après une courte nuit d'acclimatation. L'idée était de profiter des gelées matinales pour évoluer sur la glace munis de crampons, évitant ainsi la neige épaisse et molle difficlement praticable. Mais la météo en a décide autrement. La neige s'est abattue sur le campement pendant toute la nuit, nous obligeant à repousser notre départ.

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Le campement au premier jour
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Le lendemain matin

Nous avons finalement quitté le campement aux alentours de 9 heures, dans des conditions difficiles. Chaque pas me demandait un effort surhumain pour extraire mes pieds de la neige trop profonde. Je réclamais une pause toutes les trois minutes, à bout de souffle. Comme si cela ne suffisait pas, l'air s'est fait nettement plus rare à partir de 5 900 mètres, ralentissant encore plus ma progression. Mon guide, qui grimpait avec une facilité déconcertante, m'encourageait en tirant de temps à autres sur la corde qui nous reliait.

A mi-parcours, profitant d'une éclaircie passagère, je jette un coup d'oeil en direction du sommet qui se dévoile furtivement derrière la brume. Sans expérience, mais plein d'espoir, j'évalue à une demi-heure le temps nécessaire pour y arriver. Par acquis de conscience, je demande confirmation à mon guide qui me repond un peu gêné qu'il reste plus de trois heures... Inutile de vous dire que ce fut un gros coup au moral. A cet instant précis, j'ai même pensé abandonner. Je n'en pouvais plus d'escalader cette pente interminable dans le froid et la neige, essouflé, en me retenant à mon piolet à chaque faux pas.

Il m'aura fallu neuf heures pour vaincre le Stok Kongri, mais je l'ai fait ! Arrivé au sommet, j'ai poussé un grand cri de rage et de soulagement que tous les habitants de la vallée ont certainement entendu, évacuant la pression et la fatigue accumulées au cours de la montée. Une éxperience dont je me souviendrai sans nul doute jusqu'à mes vieux jours.

Retrouvez les photos du trek dans la rubrique "Inde Ladakh". Cette région méritait une rubrique à part entière !

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Vue panoramique du massif
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L'arrivée au sommet

11:17 Publié dans Inde | Lien permanent | Commentaires (7)